Un rapport de la Délégation aux études sur les migrations (Delmi) a affirmé que le gouvernement suédois a fait de l’expulsion des demandeurs d’asile déboutés une faible priorité.

Le rapport Delmi a examiné les cas de migrants qui se sont vu refuser le droit de résidence ou le statut de réfugié entre 199 et 2018 et a constaté que 45 % des cas ont conduit à l’intervention de la police parce que les migrants avaient soit disparu, soit dû être expulsés de force de Suède, rapporte Nyheter Idag.

Dans 44 % des cas, les migrants ont quitté la Suède de leur plein gré, tandis que 9 % ont vu leur ordre d’expulsion annulé.

Delmi a constaté que le gouvernement accordait une faible priorité à ceux qui devaient être expulsés, malgré les diverses promesses des politiciens.

Au sein de la police et de l’Office suédois des migrations, les deux autorités qui vont exécuter les affaires, les questions d’expulsion sont considérées comme une « activité étrange », qui ne correspond pas vraiment à la mission principale, ni à ce que le personnel préférerait faire », indique le rapport.

Les auteurs du rapport notent également que les nombreuses possibilités pour les migrants de faire appel des ordres d’expulsion ont conduit les migrants et les fonctionnaires du gouvernement à ne pas traiter les ordres d’expulsion comme le dernier mot dans de nombreux cas, en disant que les appels « envoient des signaux à travers le système qu’un non n’est pas toujours un non ».

Ce rapport intervient quelques jours seulement après qu’un membre du parlement suédois appartenant au Parti de gauche ait encouragé les Suédois à cacher aux forces de l’ordre les migrants qui risquaient d’être expulsés.

Le député du Parti de gauche Daniel Riazat a écrit sur Facebook : « Mon message à tous ceux qui le peuvent : Cachez un réfugié. Si cela devient illégal. Cachez-en deux ! Ça s’appelle le courage civil et l’humanité ! »

Plus tôt cette année, un membre des sociaux-démocrates au pouvoir a été arrêté après qu’un journal suédois ait découvert qu’il avait contribué à faciliter l’immigration clandestine dans le pays, en vendant des documents de passeport pour pas moins de 3 000 euros pour les adultes et 2 000 euros pour les enfants.