vendredi 17 septembre 2021
Au revoir Président

« Au revoir Président ! »

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Après la victoire de François Fillon à la primaire de droite, on pensait en avoir fini avec cette télé-réalité politique, au moins pour quelques semaines… Mais non ! Comme si le calendrier électoral était parfaitement accordé entre tous ces assoiffés de pouvoir, après les appétits électoraux de la droite, place à ceux de la gauche. C’est vraiment frappant cette manière presque naturelle avec laquelle les choses s’enchainent, comme si on ne souhaitait pas nous laisser réfléchir à autre chose, ou nous laisser réfléchir tout court, d’ailleurs. Bref, dans cette course à l’électeur sans pitié, le premier événement notable, c’est la non candidature de François Hollande à la présidentielle de 2017. Ouf, on est sauvés ! Mais sauvés de quoi ? Pas grand chose.

Pour être honnête, j’ai appris cela sur Facebook… Une fois de plus, la réaction de mes contacts était sans saveur, voire pathétique. De la réaction à chaud, sans réflexion, sans recul, sans se demander pourquoi… Vous vous réjouissez de quoi ? Ça va changer quoi à votre minable existence, au juste ? Je vous rappelle que vous avez voté pour lui en 2012 ! Pardon, je suis méchant. Enfin bon, après tout, les réseaux sociaux sont ce qu’ils sont. Il y a d’abord ceux qui s’étonnent. Bon ok, c’est la première fois que cela se produit dans l’histoire de la Vème République, mais c’est aussi la première fois qu’un Président tombe aussi bas, tant dans ses idées qu’au niveau de sa popularité. Donc non, rien d’étonnant : il ne se présente pas car il sait qu’il n’a aucune chance de gagner.

Deuxièmement, que se serait-il passé s’il n’avait pas renoncé à se présenter ? Difficile de jouer les devins… Je ne peux que me limiter à ma propre pensée, peut-être quelque peu farfelue, mais à mon avis, il aurait été un frein pour toute la gauche plutôt qu’autre chose. Source de division de son propre camp, un Flamby qui dégouline dans les rouages du PS, attire quelques rares soutiens, éloigne les plus sceptiques et surtout les nombreux déçus de son quinquennat.

Parlons-en de son quinquennat d’ailleurs ! Alors certes, les réseaux sociaux vont un peu loin lorsqu’ils affirment tous en chœur que sa non candidature est la meilleure idée de la période 2012-2017 (on a quand même eu le mariage pour tous, bon, c’est mieux que rien…), mais l’idée est là. Pendant cinq ans, il a mené une politique libérale bien droitarde, n’a cessé de cogner sur les plus faibles en donnant aux plus puissants, allant jusqu’à grignoter sur le terrain de la droite tout un tas de mesures contre les travailleurs, à commencer par sa loi (anti) travail dégueulasse. Autant dire que lorsqu’il affirme que son seul regret porte sur l’évocation de la déchéance de nationalité, on peine à sentir de véritables remords, tant il a favorisé la xénophobie en France, tantôt en tapant sur les Roms, tantôt en s’attaquant aux réfugiés venus des pays sur lesquels son armée lance des bombes…

Dans tous les cas, avec ou sans super François, qu’est-ce que ça change pour le PS ? Ils sont morts, grillés, foutus. Alors, je ne vais pas me prononcer sur leurs chances de gagner l’élection présidentielle de 2017 (Valls ? Montebourg ? Un autre traître qui n’a rien de gauche ?), mais les votes d’adhésion envers le PS seront dans tous les cas rares, très rares. Hollande tente de sauver les meubles, il essaye de ne pas donner le coup de grâce à son parti à l’agonie, mais on sait tous qu’il sera très difficile pour toute cette clique de menteurs de reconquérir l’électorat de gauche, qui dans tous les cas n’aura d’autre choix que celui de la lutte collective, dans la rue et dans les entreprises, pour enfin réussir à imposer son programme, celui d’un partage des richesses et de la fin du chômage de masse, pour commencer…