vendredi 17 septembre 2021
Alep une boucherie de plus dans l’indifférence générale

Alep : une boucherie de plus dans l’indifférence générale

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Ah les guerres, comme c’est beau. D’hier à aujourd’hui, les principes restent les mêmes et s’illustrent toujours par de belles citations qui traversent les âges. « On croit mourir pour sa patrie, on meurt pour ses industriels ». Serge Dassault aime ça. La guerre, c’est toujours des inconnus qui s’entretuent pour le compte de deux personnes qui se connaissent, voire qui se serrent la main lorsqu’ils se croisent. Bref.

Aujourd’hui, nouvelle illustration de la barbarie et de l’impasse dans laquelle se trouve le capitalisme : Alep. Cette ville, aujourd’hui totalement en ruine, voit s’entasser les cadavres d’hommes, de femmes, d’enfants, d’innocents. Les survivants se cachent et doivent se battre contre la faim, la soif, et surtout la peur de prendre une bombe sur la gueule, subir des massacres et j’en passe. Pendant ce temps, c’est le bordel entre rebelles, régime syrien, djihadistes, russes et j’en passe… Tellement le bordel qu’en fait, on ne sait pas trop ce qui se passe en détails, si ce n’est qu’on assiste une fois de plus à une véritable boucherie, dans l’indifférence générale.

On a beau prendre le problème dans tous les sens, le retourner, le secouer, faire de beaux discours devant les médias, montrer quelques images plus ou moins supportables, ça ne change pas grand chose au problème. Vouloir envoyer une aide humanitaire dans une ville sur laquelle les bombes pleuvent, c’est un peu comme souhaiter sauver les livres d’une bibliothèque en feu sans essayer d’éteindre l’incendie…

Au premier rang de la médaille d’or de l’Oscar de la Palme d’Or du ridicule, on trouve l’ONU. On connaissait déjà cette institution internationale, souvent « responsable mais pas coupable » (hein Fabius) des pires massacres dans le monde (poke Srebrenica), mais là, c’est tellement flagrant, tellement honteux, cette inaction criminelle. En gros, le veto de la Russie au Conseil de sécurité bloque tout. Ce qui est « drôle » en fait, c’est que ce droit de veto a été attribué après la Seconde Guerre Mondiale, aux vainqueurs. J’essaye de traduire, et je raisonne ainsi : parmi tous les bouchers qui ont organisé la mort de 50 millions de personnes à l’époque, on a pris ceux qui avaient su écraser les autres, et on leur a dit « bien, c’est nous les meilleurs pour faire la guerre et écraser les autres, maintenant nous aurons l’arme nucléaire et grâce à notre super veto trop puissant, nous pourrons empêcher les autres de faire la guerre… » Ou alors, ils la feront sans vous, au choix. L’ONU, c’est un peu comme le traité de Versailles : ça prétend lutter contre la guerre, mais ça permet d’en faire d’autres.

Et parmi tout ce ramassis de diplomatie en cravate bien repassée, on retrouve toujours la même question, celle qui permet vraiment de légitimer la guerre : « Et toi monsieur je-sais-tout, tu ferais quoi ? ». Je ne répondrai pas, parce que ce n’est selon moi pas la bonne question. Ce qu’il faut se demander, c’est plutôt : qu’est-ce qu’il ne fallait pas faire ? Le voilà le problème. Depuis des décennies, ce sont bien les puissances occidentales qui font la guerre partout au Moyen-Orient pour aller chercher du pétrole (entre autres), en plaçant et en déplaçant leurs dictateurs préférés (bonjour Saddam Hussein, bonjour Mouammar Kadhafi). Les populations locales subissent les innombrables dommages collatéraux pendant que ces messieurs en costard discutent tranquillement de qui a la plus grosse (armée hein).

Encore une fois, le capitalisme nous montre qu’il a assez duré, qu’on ne peut rien attendre de nos dirigeants, qu’ils soient français, américains, russes, irakiens, libyens ou syriens. Partout, c’est la même mascarade pour nous faire croire que le sort des populations leur importe, mais face à de telles hécatombes, il est grand temps de foutre en l’air ce système inhumain !