jeudi 22 avril 2021
Avec Fillon, on l’aura dans l’fion

Avec Fillon, on l’aura dans l’fion

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Pardon pour ce jeu de mots pourri. Le résultat est tombé : François Fillon sera le candidat de la droite et du centre, avec son pessimisme légendaire et surtout son programme désastreux, semblable à celui de Margaret Thatcher. En effet, la « Dame de fer » s’était rapidement attaqué à toute la classe ouvrière et en particulier aux syndicats, afin de réduire leurs pouvoirs. Les années Thatcher ont grandement creusé les inégalités sociales dans tout le pays : le nombre de familles pauvres (vivant avec moins de 50% du salaire moyen) passe de 8% en 1979 à 22% en 1990 ! Pour mieux se rendre compte de ce phénomène, il suffit de regarder quelques films de Ken Loach : une partie de la jeunesse qui tombe dans la drogue, des ouvriers qui perdent leur boulot du jour au lendemain sans indemnité ou presque, un fossé qui se creuse entre les privilégiés et les travailleurs, pendant que l’État privatise un maximum.

On retrouve beaucoup de ces éléments dans le programme de Fillon. Ce qui m’étonne le plus moi, c’est que ce nom m’est très familier, puisque c’est bien lui, en tant que Premier Ministre, qui a appliqué férocement le programme de Sarkozy en faveur des riches, durant 5 ans. Programme simple : on prend aux pauvres pour donner aux riches, et on occupe les esprits avec des débats bien stériles comme celui sur la question de l’identité nationale par exemple.

François Fillon n’a vraiment rien à envier aux pires politiques de droite qui ont pu être mise en œuvre, ou même celles du Front National. Tout d’abord, il souhaite diminuer le nombre de fonctionnaires de 500 000. À l’heure où les hôpitaux et l’éducation sont déjà en effectif insuffisant, ça serait encore porter un terrible coup sur cette fonction publique à l’agonie. Et après ça, il voudrait nous faire croire que la lutte contre le chômage est sa priorité… Quand on sait qu’il souhaite également faciliter les licenciements pour toute entreprise qui aimerait se réorganiser, on se dit que oui, c’est possible de faire pire que la politique de François Hollande.

On se demande bien où ira l’argent économisé ; dans la poche des nantis, peut-être. Avec pour objectif de supprimer l’impôt sur la fortune, on a bien compris qui sera le petit chouchou d’un éventuel quinquennat à la sauce Fillon. À côté de ce qu’il fera sans doute (quoique, pour une fois, on ne va pas pleurer s’il ne tient pas ses promesses hein…), il y a tout ce qu’il ne fera pas, et là aussi, ça fait peur. Lutter contre l’évasion fiscale ? Pas prévu. Ponctionner les dividendes des actionnaires du CAC 40 afin de créer des emplois ? Absent de son programme. Augmenter les bas salaires ? Ce n’est pas au rendez-vous non plus.

Bref, dans tous les cas, on va en chier. La gauche qui se masturbe devant le portrait de Mélenchon, Taubira, Valls ou même Macron, n’y changera pas grand chose. On a vu ce que c’était. Dans tous les cas, c’est dans la rue qu’il faudra se battre et lutter pour défendre nos acquis sociaux. On sait déjà qu’on ne nous donnera rien et que la bataille aura lieu au quotidien, loin des bureaux de vote. Alors, il ne reste plus qu’à serrer les dents et les fesses, pour un jour pouvoir renverser ce système inhumain qui se mord la queue depuis des décennies. De toute façon, si les élections changeaient quelque chose, elles seraient interdites…