lundi 8 mars 2021
L’hôpital en a gros (et il a raison)

L’hôpital en a gros (et il a raison)

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Nouvelle actualité qui tente de nous émouvoir : la mort de Shimon Peres, ce boucher Israélien responsable de milliers de morts Palestiniens. Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet, mais il a surtout permis d’oublier une information bien plus importante à mes yeux ces temps-ci : l’état catastrophique du monde hospitalier ! Les suicides s’enchainent dans une indifférence quasi générale, alors que la révolte devrait à mon goût inonder les consciences du plus grand nombre.

Pourquoi ? Parce que tout d’abord, vous et moi sommes presque tous d’anciens ou de futurs patients. Enfin, quand on voit les coupes budgétaires (730 millions d’euros de moins pour 2015 par rapport à l’année précédente), on peut même dire que l’on est des clients potentiels. La sécurité sociale aura beau s’enfoncer encore un peu plus, les méthodes seront nombreuses pour vous plumer de quelques sous à droite à gauche.

Tout ça pour quoi ? Pour n’être qu’un numéro de dossier parmi d’autres, une case à remplir, un être qui doit souffrir en silence, un chiffre de plus pour la comptabilité, une chose encombrante dont on souhaite vite se débarrasser une fois le traitement ou l’opération réalisée, dans les plus brefs délais. Circulez, il n’y a rien à voir.

Mais en plus, ce qui me révolte tout autant, ce sont les conditions de travail du personnel hospitalier. Alors certes, ce ne sont pas les plus mal payés (loin de là pour certains), ils disposent en général d’une certaine sécurité de l’emploi et ils font un travail souvent intéressant. Oui mais, à quel prix ? Du stress, des gardes interminables, des heures supplémentaires non payées, beaucoup de fatigue, du personnel manquant, de l’absentéisme, des dépressions, et parfois même des suicides ! L’État, qu’il soit dirigé par la droite ou la gauche, cherche impérativement à faire des économies dans le secteur de la santé, quelles qu’en soient les conséquences.

Comme à mon habitude, je terminerai par la question suivante : faut-il s’étonner de ce fonctionnement ? Comme à mon habitude, je répondrai que non. La fonction publique, notamment hospitalière, se casse la gueule, elle tend de plus en plus vers le privé, et on peut craindre, à terme, que l’hôpital devienne une entreprise comme une autre. Dans cette entreprise d’un futur de plus en plus proche, infirmières et aides soignantes, sages-femmes et chirurgiens, médecins et anesthésistes, devront multiplier les actes à une cadence infernale afin de multiplier les profits. Les plus pauvres devront se passer de soins, pendant que les plus aisés se dirigeront vers de belles cliniques privées. Pendant ce temps, l’hôpital aura la lourde tâche de faire les poches de malades, dans un climat qui aura perdu toute son humanité. Parallèlement, les soins, répondant à un seul objectif financier, perdront en qualité, les maladies nosocomiales se propageront et c’est l’entière santé des individus qui sera impactée. Comment ça, c’est déjà le cas ?

Par conséquent, j’apporte tout mon soutien aux quelques professionnels de santé qui de nos jours réussissent à relever la tête pour dire non à ce système de rentabilité vers lequel on se rapproche de plus en plus. Sachez dire non à la présence du management en milieu hospitalier et battez-vous pour réclamer du personnel supplémentaire afin de travailler et de nous soigner dans les meilleures conditions possibles.