lundi 8 mars 2021
Brexit ta mère

Brexit ta mère !

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24 juin 2016. Le début de la fin du monde a commencé. Les ballons de football ont disparu de nos écrans, les journaux nous font presque croire que la loi travail est enfin acceptée par les travailleurs, et cerise sur le McDo, le soleil est enfin de retour ! Pourtant, l’avenir s’avère sombre, à en croire nos amis journalistes.

Les Britanniques ont voté pour le Brexit, à une légère majorité. Ça y est, c’est la fin du monde. Partout, les « spécialistes » en tout genre (comprenez « pourritures d’économistes libéraux à la con ») y vont de leur grain de sel pour crier à la catastrophe : les marchés s’effondrent, tout va changer, un monde nouveau va débarquer, et nous allons tous mourir, grosso merdo. Une fois de plus, je n’aurai pas la prétention d’offrir une analyse géopolitique poussée (vous avez vos amis Facebook pour ça !), ni des prévisions économiques dont tout le monde sait que… Personne ne sait rien en fait. Nos chers économistes ne savaient déjà pas prévoir les diverses et nombreuses crises économiques, alors avec la toute première sortie de l’Union Européenne de la part d’un État membre, bon courage !

Le Royaume-Uni, c’est un peu comme un chat en fait, il nous fait chier pour entrer, et une fois à l’intérieur, il nous emmerde pour sortir… C’est le même message qui inonde nos sources d’informations. Tous ces petits technocrates mouillent leur chemise pour nous alerter sur le danger que nous courons, nous les incultes, les crédules. Comme disait Coluche, les technocrates, si on leur donnait le Sahara aujourd’hui, demain il n’y aurait plus de sable. Là, le sable, c’est notre pognon, celui que ces magiciens de la finance réussissent à faire disparaître dans les poches des nantis depuis des années… Pas étonnant que ces salauds d’pauvres en aient marre.

Du coup moi, quand je vois des banquiers pleurer, ça me fait rire plus qu’autre chose. Je ris également quand j’entends les Britanniques affirmer que l’UE les étouffe, eux qui ont toujours bénéficié de dérogations sur tel ou tel accord. Je me marre tout autant lorsque j’entends ces enfoirés de populistes cracher sur l’Europe qui serait, selon eux, responsable de l’immigration. Franchement, si on pouvait entrer aussi facilement au Royaume-Uni, je doute que des camps de réfugiés se formeraient sur les côtes du nord de la France…

Mais soit, je ne suis personne moi, et les mauvaises notes que j’ai obtenues durant mon cursus universitaire en droit de l’Union Européenne ne me permettent pas de critiquer tous ces assoiffés qui se tripotent la nouille sur ce bouleversement politique que je reconnais important.

En tout cas, moi, je trouve qu’il a bon dos, le vieux continent. Bien sûr, la libre circulation des travailleurs, ça permettait de faciliter la mise en concurrence de ceux-ci, tout en favorisant le sentiment xénophobe : l’enfer, c’est l’étranger c’est ça ? Ils devaient être contents, les grands patrons, de voir les salariés se battre entre eux pour un petit bout de pain…

Mais au final, ça va changer quoi pour nous, le peuple qui ne garera jamais son petit bateau dans son grand bateau ? À mon avis, pas grand chose, surtout dans la mesure où l’effondrement des marchés boursiers ne viendra pas impacter mon livret A (surtout qu’il est vide). Il y aura peut-être des bouleversement dans mon quotidien, peut-être pas. En tout cas, même sans le plus célèbre bouc émissaire de cet été, mon proprio ne voudra toujours pas baisser mon loyer, mon caddie Lidl sera toujours aussi vide, mon salaire stagnera misérablement et le chômage ne diminuera pas. On a sûrement oublié que les enfoirés qui dirigent l’Europe sont les mêmes enfoirés qui dirigent nos pays…

Par conséquent, le Brexit, je ne suis ni pour, ni contre, bien au contraire !