lundi 8 mars 2021
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Panama, mon amour

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Ah le Panama, charmant petit État d’Amérique Centrale situé entre le Costa Rica et la Colombie, entouré par la mer des Caraïbes et l’Océan Pacifique. Son climat tropical lui donne des températures élevées ainsi que des pluies abondantes, ce qui lui offre un véritable décor de carte postale dans certains endroits. Bref, on rêverait d’y passer ses vacances plutôt que de faire le tapin en stage. Ce que l’on sait moins sur ce pays que j’ai plus ou moins découvert grâce à la saison 3 de Prison Break, c’est qu’il jouit de la meilleure économie d’Amérique Centrale, notamment grâce au Canal de Panama, qui relie les deux grandes étendues d’eau de mer susnommées.

Cet énorme projet fut entrepris dès la fin du XIXè siècle via la Compagnie Universelle du canal interocéanique de Panama, créée pour l’occasion par Ferdinand de Lesseps, riche entrepreneur français qui avait déjà fait construire le Canal de Suez. Les travaux du Canal de Panama commencèrent en 1881, mais face aux difficultés (climat, accidents, maladies etc…), le coût se révéla bien plus élevé que prévu. Pour financer ce surplus et rattraper son retard, ce bon vieux Ferdinand fit appel aux politiques afin de modifier la loi, pour obtenir les fonds nécessaires. Le temps passe, et le scandale finit par éclater quelques années plus tard : pots-de-vin, escroqueries, détournements de fonds, abus de confiance, mensonges, trahisons et j’en passe. De nombreux Républicains au pouvoir, des notables, tous ceux qui ont trempé de près ou de loin dans ces magouilles capitalistiques se retrouvent mis sur le devant de la scène… Et aujourd’hui, en 2016, voilà que c’est au tour du scandale dit des Panama Papers de faire la Une des médias, entre deux rabâchages inutiles autour du terrorisme.

Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler des faits que vous connaissez tous, Google viendra compléter vos connaissances, pour les plus curieux d’entre vous. Je n’irai pas non plus me masturber l’esprit à 1h02 un mardi soir pour vous balancer tout un tas de détails techniques détaillés dont je me fiche légèrement et qui vous seront bien mieux expliqués par des économistes pompeux sur vos chaines d’infos favorites.

Voilà ce qui moi m’intéresse :

Au moment où j’écris ces lignes, et c’est totalement volontaire de les écrire maintenant, certains noms commencent à filtrer, pour l’instant sans confirmation. Le Panama d’hier ou d’aujourd’hui, les pourris d’ici ou d’ailleurs, qu’ils soient politiciens, banquiers, entrepreneurs, actionnaires, patrons, juges, hommes d’affaires et j’en passe, peu importe. Rien de nouveau, malgré les différentes crises qui s’enchainent.

Je suis sûr que, mes chers amis étudiants, vous n’avez pas attendu une telle affaire pour savoir que des mecs comme Sarkozy ou Fabius, Balkany ou Cahuzac, Woerth ou DSK, Juppé ou Désir, mais aussi les banques ou les patrons du CAC 40, n’avaient qu’un seul objectif : s’engraisser comme des porcs, toujours plus et sans scrupule. Au-delà, plutôt que de blâmer des hommes et des femmes qui sont tous, comme moi, sortis du vagin de leur maman, c’est à ce système pourri que j’en veux, celui qui donne toujours plus aux riches, souvent de manière totalement légale (ou intraçable), pendant que l’immense majorité récupère les miettes. Alors, tant que vous le pouvez, étudiez, apprenez par vous-mêmes, soyez curieux, observez, insultez-moi, et lorsque les médias balanceront tel ou tel nom qui les arrange dans cette affaire, posez-vous la question suivante : ces quelques 400 journalistes qui aujourd’hui étudient ces 11,5 millions de documents, pour qui travaillent-ils ?